L'insuffisance rénale chronique (IRC) : un constat d'échec

Qui est responsable de l'installation de l'insuffisance rénale chronique : les maladies, le patient, le médecin traitant ou le système sanitaire ? Ou peut-être la conjonction de la défaillance de tous ces facteurs ?

Sûrement que chacun y a sa part, mais ne peut-on éviter l'évitable ?

Si l'on ne considère que les causes principales qui sont également les plus fréquemment rencontrées dans l'exercice du médecin traitant, il est clair que les complications du diabète et de l'HTA pourraient être réduites de manière draconienne par des mesures qui appellent à une révision des pratiques.

Dans un premier temps, la formation continue pléthorique sur ces deux coupables devrait être uniformisée et généralisée, mais surtout orientée dans le sens du changement des comportements tant individuels que collectifs. Ici le rôle des associations et amicales est indéniable et primordial sous réserve qu'elles changent de logique.

Un tableau de bord avec le suivi temporo-spatial des complications de ces maladies permettrait d'apporter les corrections nécessaires selon les régions, éventuellement par des prescriptions pédagogiques ou des stages dans les hôpitaux pour les médecins des régions où la courbe des indicateurs de santé ne baisse pas au même rythme que dans le reste du pays.

Les organismes d'assurance-maladie devraient comprendre que l'investissement dans les actions visant à faire adhérer le patient à sa prise en charge sont mathématiquement plus économiques que les calculs d'épicier qui ne peuvent aboutir qu'à des bilans financiers déficitaires.  Les médecins pourraient leur faire grâce du remboursement des actes de diagnostic et de traitement s'ils voulaient mieux rémunérer le temps consacré à la sensibilisation et à l'éducation des patients, condition incontournable pour éviter le passage aux complications et, au final, à la dialyse, à la greffe, au décès et à la destruction de la cellule familiale.

Tous les acteurs devraient prendre conscience que science sans conscience n'est que ruine de l'âme.