La médecine du travail, un travail pour la médecine ambulatoire

La médecine du travail ne permettant pas la médecine de soins, qui est à même de poser le diagnostic précoce des maladies professionnelles ?

Un salarié qui présente des signes de maladie sait qu'il ne peut consulter le médecin du travail de son entreprise auquel il est interdit de pratiquer la médecine de soins. De ce fait il recourt spontanément à son médecin traitant. Si celui-ci ne lui pose pas la question magique : quelle est ta profession ?, il peut rater le diagnostic d'une maladie liée à son travail tout en commettant  une faute professionnelle.

Quand bien-même il poserait cette question, a-t-il seulement idée de la dangerosité d'un poste de travail ou des produits toxiques auxquels le salarié est exposé ? De ce fait, beaucoup de maladies professionnelles sont certainement sous-estimées ou diagnostiquées tardivement faute de coordination entre le médecin traitant et le médecin du travail. Qui a donc la responsabilité de combler ce fossé entre les deux responsables de la santé des travailleurs ?

Dans d'autres circonstances, un ouvrier victime du burn-out syndrom, avant l'installation franche de ce syndrome, peut présenter des signes frustes d'asthénie, d'irritabilité, d'anorexie ou de dépression. Ces signes avant-coureurs ne manqueront pas de retentir sur l'équilibre de la famille pouvant aller jusqu'au divorce ou au retard scolaire d'un élève. Le médecin traitant saura-t-il rattacher ces troubles à un poste de travail anxiogène du père ou de la mère de famille ?

Ces aspects psycho-sociaux mériteraient d'être explorés par les médecins de ville. Leurs associations gagneraient à développer la connaissance des risques professionnels par l'organisation de visites tournantes dans les usines et autres ateliers. C'est si simple si on veut résoudre des problèmes compliqués.