Entrevue SMMG-Doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de Tanger

Entrevue du 30 Mars avec le Pr Mohamed Nourdine El Amine El Alami, Doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Tanger (FMPT) et de la Société Marocaine de Médecine Générale (SMMG) représentée par Drs Abdelhadi BENABBOU et Lobna El Mansori, respectivement président et trésorière.

Au cours de l’entrevue, le Pr El Alami a brossé un tableau de la nouvelle réforme des études médicales. Puis les discussions ont porté sur la question de l’adéquation de l’enseignement de base dispensé à la faculté et de la pratique sur le terrain : l’enseignement de base, composé de cours magistraux et de stages dans les centres hospitaliers universitaires (où l’étudiant n’est confronté qu’aux pathologies lourdes relevant des différentes spécialités) ne prépare pas l’étudiant à son exercice futur où il réapprend sur le tas à pratiquer son art et à jongler avec les réalités socio-économiques et culturelles de la majorité de la population. Par ailleurs, vu les difficultés d’accès aux soins dans certaines régions (surtout celles enclavées ou loin des zones urbaines), une formation spécifique a été envisagée pour les médecins y exerçant.

Le doyen a mis en relief une des missions premières de la faculté, à savoir son ouverture aux associations dont les actions sont orientées vers la formation continue. Par ailleurs, le rôle des associations dans la formation médicale post-universitaire a fait l’objet d’une réflexion dans le sens de les convaincre à recadrer leurs actions de façon à répondre aux besoins épidémiologique et sanitaires du pays. Elles devraient être programmées avec des objectifs dont l’impact réel serait évalué à partir des retombées économiques et de l’inflexion des courbes d’incidence des maladies cibles de la formation.

Ensuite, la Société Marocaine de Médecine Générale (SMMG) a exposé sa vision sur la formation continue qui devrait être dictée par les données du projet RE.G.A.R.D.S (Réseau Généraliste d’Alerte et de Recueil des Donnée Sanitaires). Ces données devraient faire ressortir les chiffres réels des maladies les plus fréquentes et celles relevant des programmes prioritaires de santé publique qui constituent l’essentiel des dépenses de soins. La formation sera ainsi ciblée et généralisée à travers tout le pays sur la base de guidelines préalablement élaborés par des équipes pluridisciplinaires. Les données recueillies devraient permettre également de servir de base pour les thèses des étudiants en fin d’année d’études. Ceci leur ferait gagner des mois de recherches, avec tout ce que cela comprend comme économies de temps et de dépenses inutiles. Le REGARDS, grâce à son réseau de médecins sentinelles, devrait également permettre de faire des recherches ciblées  et pointues qui donneraient lieu à des publications dans des revues scientifiques.

Il a été discuté aussi l’importance du partenariat public-privé (ministères de la santé, de l’intérieur, de l’agriculture, etc.), du partenariat privé-privé (pharmaciens, vétérinaires, médias, etc.) et du partenariat avec d’autres organismes nationaux et internationaux pour agir en amont dans la prévention et le dépistage de certaines pathologies, dont le meilleur exemple est illustré par la leishmaniose qui sévit actuellement dans les environs de Zagora.

Le Dr Benabbou a exposé la vision de la SMMG pour mettre en place cette stratégie dans la perspective d'un parcours de soins coordonné, et ce, grâce au Réseau Généraliste d’Alerte et de Recueil de Données Sanitaires qui est actuellement en cours de préparation grâce à la collaboration de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Fès et de son Service d’épidémiologie, dans le cadre de la commission bipartite.

Il a aussi insisté sur l’importance de la synergie des actions des associations. Celles-ci devraient mutualiser leurs moyens et leurs compétences au profit de toute la profession, et donc du patient, et faire en sorte que la loi de Pareto (loi des 20/80) soit en faveur de moins de dépenses (20 %) pour 80 % de bons résultats au lieu de l’inverse qu’on voit actuellement.

Au terme de cette entrevue, le Pr Mohamed Nourdine El Amine El Alami a exprimé sa volonté de collaborer avec les associations, en particulier celles du nord, et a salué la convention de partenariat entre la SMMG et l'Amicale des Médecins de Ksar El Kébir signée la veille.

 Il a aussi accepté d’être membre honoraire de la Société Marocaine de Médecine Générale, ce dont les membres du bureau le remercient vivement.